Opiniestuk in La Libre: Pour la fusion des six zones de police à Bruxelles

Op 6 april 2016, over deze onderwerpen: Français
Het opinieartikel van Johan Van den Driessche zoals het verschenen is in La Libre op 6 april 2016

Les effroyables attentats récents et la nécessité de collaboration et de sécurité ont explicitement mis la fusion des 6 zones de police de Bruxelles à l’ordre du jour.  Ces attentats avaient été préparés dans les communes de Forest, Molenbeek et Schaerbeek,  qui se situent dans trois zones de police différentes. Un pur hasard ? Qui peut croire cela ? Et cette fusion, va-t-elle tout résoudre ? Bien sûr que non. Elle constitue cependant une condition essentielle si l’on veut faire de réels progrès en matière de sécurité. La lutte contre la criminalité et le terrorisme ne peut l’emporter que si l’appareil  policier est au top. On pourrait comparer cela à la formule 1 : le meilleur des pilotes ne gagnera jamais un championnat du monde si sa voiture n’est pas parmi les plus performantes.

En tant que Flamand né, vivant et travaillant à Bruxelles, il vaut mieux ne pas faire une telle proposition. Elle est considérée indécente par le ministre-président Rudi Vervoort, ce qui en fait un débat interdit selon Alain Gerlach, journaliste à la RTBf. Au nom de notre sécurité, je refuse pourtant de m’incliner.

Il n’y a pas que des Flamands, mais aussi les leaders d’opinion francophones tels que le philosophe Van Parijs, des ONG, des chefs d’entreprises ainsi que de plus en plus de responsables politiques, qui sont aujourd’hui convaincus de la nécessité d’une meilleure organisation de la région et de ce que la fusion des six zones de police bruxelloises s’inscrit logiquement dans ce cadre. Les politiques de clocher et les recettes morcelées ne s’appliquent pas aux problématiques des grandes villes, d’après le professeur Frankie Schram (KU Leuven). La fusion des six zones de police est en outre approuvée par quasiment tous les experts en matière de sécurité, qu’ils soient belges ou étrangers.

Pourquoi?

Outre l’unité du commandement, placé sous le contrôle du MP de la Région bruxelloise, une fusion permet également une plus grande spécialisation dans certains aspects de la sécurité et de la criminalité, ce qui renforce l’efficacité des services de police en matière de trafic de drogue, de fraude internet, de prostitution, de trafic d’armes et d’économie souterraine, mais aussi de travail de quartier et de lutte contre le terrorisme.

Cette fusion permet aussi une plus grande efficience. La situation actuelle est d’un autre âge : 6 chefs de corps, 6 collèges de police, 6 conseils de police, 6 services d’appui, 6 dispatchings, etc. Combien de moyens supplémentaires une fusion ne permettrait-elle pas de libérer pour pouvoir les injecter dans la sécurité ?

L’argument selon lequel la fusion annihilerait la « fonction de proximité » de la police est tout simplement erroné. New York et Londres sont parvenues, avec leur approche spécifique de la proximité, à se transformer en villes viables et relativement sûres. On peut même y consulter en ligne les chiffres de la criminalité de la semaine écoulée, quartier par quartier. Pourquoi cela ne serait-il pas possible ici ? Relevons par ailleurs l’idée fausse selon laquelle la « proximité » peut uniquement être contrôlée localement, alors que c’est précisément devenu une spécialisation à part entière au même titre que le trafic d’armes, par exemple, qui nécessite le regroupement de toutes les connaissances et de l’expertise en la matière. C’est aussi le moyen le plus efficace pour faire du travail de quartier les yeux et les oreilles de la police. Avec le soutien de l’inspection économique et du service de l’aménagement du territoire (par ex., pour fermer des garages), il est possible de lutter contre le trafic de drogue et l’économie souterraine – qui constituent une pépinière de choix pour la radicalisation violente et le terrorisme. Une petite zone de police, quant à elle, n’est pas en mesure d’acquérir la même expertise pour pouvoir travailler aussi efficacement.

Je n’ai encore entendu aucun argument sensé allant à l’encontre du regroupement de ces six corps de police. Une conclusion s’impose, par conséquent : les opposants à la fusion ne sont pas intéressés par la proximité de la police vis-à-vis des citoyens mais plutôt par la proximité vis-à-vis des bourgmestres.

Mais alors, pourquoi n’opère-t-on pas la fusion, dans ce cas ?

C’est essentiellement la particratie francophone qui s’oppose à un transfert de pouvoirs. Le ministre-président Rudi Vervoort affirme que les différents niveaux sont inscrits dans l’ADN des Bruxellois, mais quels Bruxellois sont  favorables au morcellement et à la cacophonie entre tous ces niveaux ? C’est un prétexte au même titre que l’argument ridicule qu’une fusion serait préjudiciable à la « proximité » et que l’argument selon lequel la fusion serait  motivée par des raisons communautaires. Une fusion ne change absolument rien du tout à la position des Néerlandophones à Bruxelles, comme s’il s’agissait-là d’une raison sérieuse pour empêcher une meilleure sécurité.

Ces prétextes dissimulent en réalité les véritables raisons : les intérêts spécifiques de la particratie francophone. Les bourgmestres MR ne veulent pas que la direction de leur sécurité tombe aux mains d’un ministre-président PS tandis qu’au sein du PS, le bourgmestre Yvan Mayeur par exemple ne veut pas d’un transfert de pouvoir au ministre-président Rudi Vervoort.

Depuis le terrible attentat de Charlie Hebdo, la N-VA de Bruxelles tente d’inscrire la fusion des zones de police à l’ordre du jour bruxelloise. C’est ainsi qu’a été soumise en décembre 2015 une résolution invitant le gouvernement bruxellois et les communes de la Région à procéder à cette fusion. J’espère cependant que les responsables politiques francophones saisiront cette opportunité pour faire primer l’intérêt de la coopération et de la sécurité sur les intérêts partisans.

Ce qui me réjouit, c’est que l’assise d’une telle fusion s’élargit très rapidement. L’initiative citoyenne BRUPOL NoW/ TOuT DE SUITE/ Nu a d’ailleurs lancé une pétition en faveur de cette fusion. « De cette manière, les responsable politique bruxellois ne pourront plus l’éluder, » (Gerrit Six, ex-journaliste). En l’espace d’une semaine, cette pétition a déjà recueilli plus de 4.000 signatures. Il reste de l’espoir ! 

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